Avez-vous remarqué comment notre vie se résume à une course effrénée vers le plaisir, et à une fuite radicale de la souffrance ?
Si vous observez votre vie avec honnêteté, vous remarquerez combien ce mouvement est constamment à l’œuvre, vacillant de la course vers le plaisir à la fuite de la souffrance.
Le désir qui nous pousse vers une quête insatiable du plaisir et la peur qui nous fait fuir la souffrance.
C’est une force motrice qui rythme nos choix, décisions, directions, colorations émotionnelles et climats psychologiques.
Notre société leur fait occuper une place prépondérante dans la psyché collective, car tout est mis en œuvre pour exacerber les désirs de plaisirs, et la peur de souffrir.
Or le plaisir et la souffrance font partie de la danse de la Vie et ne sont que des expériences qui nous sont offertes à vivre au cours de ce voyage terrestre.
Rien de plus !
Ce sont nos colorations émotionnelles qui font que nous sommes profondément impactés, identifiés, oubliant que ce ne sont que des expériences transitoires.
Seule la mémoire leur donne l’illusion de continuité !
C’est comme si tout notre être crie NON à la souffrance, refuse de l’expérimenter.
Une résistance intérieure se crée tel un barrage obstruant l’expérimentation de la souffrance, nous en détournant, évitant ainsi d’y faire face.
Mais plus nous refusons d’accepter la souffrance, plus notre résistance engendre plus de souffrance.
Le processus intérieur de libération de la souffrance en nous est bloqué, et ça crée plus de tensions, ça fait plus de mal.
Accepter la souffrance, ce qui ne veut pas dire se flageller et s’y complaire, équivaut à la négation de notre personnalité, du « moi je ».
Car, en réalité, qui refuse de souffrir ?
C’est le « moi je » qui refuse de souffrir.
Ce n’est pas le corps, ni les sens de perception, ni les organes d’actions, ni même le mental et son cortège de pensées et d’émotions, c’est la pensée du « je ».
Accepter la souffrance implique la mort du « moi je ».
Et le « moi je » s’y refuse totalement.
Et c’est pourquoi d’ailleurs il a tendance à vociférer aussi fort.
Et c’est là où ça devient intéressant, car il y a une différence dans le vécu de l’expérience de la souffrance lorsque c’est le « moi je » qui souffre, et donc l’expérience est fortement impactée par ma coloration émotionnelle, ou lorsque la souffrance me traverse avec tout son cortège d’émotions, de mal-être qu’elle éveille en moi.
Se laisser traverser par la souffrance, c’est l’accueillir, c’est OK, c’est ce que le mouvement de la Vie me propose de vivre dans l’ici et maintenant. Et, au lieu de résister et de bloquer énergétiquement le processus, je me laisse traverser dans l’accueil de ce que cette souffrance fait résonner en moi, vient chercher en moi, fait naître en moi. Dans l'accueil d'une "mort" pour une "renaissance" !
Ainsi, la souffrance se transmute en un tremplin qui nous mène à la paix intérieure, et nous relie à la dimension profonde de notre être, sans masque, sans filtre, sans jugement, sans identification, sans censure, dénuée de la coloration émotionnelle de notre personnalité conditionnée.
Plus nous accueillons ce qui est, et plus cela engendre la paix intérieure !
Et plus nous résistons, plus nous souffrons !
L’accueil est la clef pour être en paix !
A noter qu’il ne s’agit pas d’une attitude extérieure passive et soumise, mais plutôt d’une attitude intérieure d’abandon qui est puissamment dynamique et qui participe activement à la transmutation alchimique du grossier en subtil en nous, et à la cristallisation du subtil.
Bien que cela soit difficile pour notre personnalité conditionnée, il est essentiel d’apprendre à vivre ces paires d’opposés que sont le plaisir et la souffrance, comme des expériences qui transcendent nos colorations émotionnelles.
Nous avons cette tendance psychique mécanique de colorer émotionnellement les événements que nous vivons dans le moment présent à l'aune du passé. Car les colorations émotionnelles découlent du passé.
Derrière chaque émotion, se trouve une croyance et donc un système de pensée.
La pensée est le connu et le connu est le passé, le passé est mort.
Le présent est toujours nouveau et vivant, et ne peut être connu que dans l’ici et maintenant, dénué de la relation avec le passé, et donc avec le connu.
Ainsi, chaque expérience de plaisir ou de souffrance ici et maintenant est nouvelle, lorsqu'elle est dénuée de notre coloration émotionnelle à l'aune des plaisirs et de la souffrance du passé.
Bien sûr, cela implique un détachement par rapport à notre histoire du passé !
Et c'est là que réside la difficulté.
La source de notre souffrance provient de notre attachement à notre histoire du passé et aux blessures qui en découlent.
Bien qu'elle nous fasse souffrir, nous sommes profondément et inconsciemment attachés à notre histoire du passé, autour de laquelle notre identité conditionnée est construite.
Ainsi, se détacher de l'histoire de son passé, c'est se détacher de son identité !
C'est mourir au passé et à son identité !
Vous percevez le saut vertigineux que cela implique ?
C'est mourir à ce qu'il nous a été imposé d'être pour renaître à ce que nous sommes dans la vérité de notre être !
Lorsque nous souffrons, que ce soit au travers d’une situation, d’un évènement, d’une personne ou autre, c’est que l’information est déjà en nous, et que la souffrance générée par le facteur extérieur entre en résonance avec notre corps de souffrance et le réactive.
Ainsi, tout ce qui nous touche, nous fait souffrir, ne parle que de nous car l’information y est déjà présente. Sans quoi nous ne serions pas touchés.
Nous avons tous un corps énergétique de souffrance en nous, en sommeil, qui se réactive au fil de ce que nous vivons, ce qui explique notre fuite viscérale de la souffrance et notre course intrépide vers le plaisir, pour endormir davantage ce corps de souffrance, et surtout ne pas l’éveiller, car cela nous obligerait à y faire face !
Conscients de ce mécanisme, apprenons à nous observer dans la bienveillance et le non jugement afin de détecter nos réactions intérieures et nos émotions, nos résistances qui s’enclenchent face à la réactivation du corps de souffrance, et les motivations profondes qui nous poussent dans la poursuite incessante du plaisir.
Cette auto-observation détachée de ce qui est observé nous réaligne dans la Présence, ici et maintenant, dénuée de jugement, un espace qui transcende le mental et la coloration émotionnelle des expériences du plaisir et de la souffrance.
La Présence nous fait sortir du jeu du "je" qui se laisse mener par la danse du plaisir et de la souffrance qui le plonge dans l'identification profonde et inconsciente.
Lorsque nous sommes dans la Présence à soi, à ce qui se manifeste en soi, sans filtre, sans jugement, et sans identification, des énergies intérieures s’activent, et des mécanismes se libèrent de notre inconscient pour se révéler dans le champ de notre conscience, sans aucun effort de notre part.
Ainsi, la Présence à soi active le processus de libération ; ça se libère et ça se transmute naturellement et sans effort lorsque nous sommes ancrés dans cette attitude intérieure d’observateur détaché et sans jugement de ce qui est observé.
La pratique régulière de l’attitude du Témoin intérieur face au paysage intérieur et à son climat atmosphérique, dévoile en surface nos mécanismes intérieurs inconscients, déprogramme nos pilotes automatiques.
La pratique du Yoga et de la méditation favorise l’attitude du Témoin intérieur et la Présence à soi.
Nos sens habituellement tournés à l’extérieur pour recueillir les stimuli extérieurs se tournent à l’intérieur de soi pour percevoir le paysage intérieur.
Dans cette contemplation intérieure bienveillante et sans jugement, transcendant le tumulte de nos émotions, nous nous familiarisons avec le paysage intérieur, qui cesse alors de nous paraître hostile.
La peur d’être face à soi se dissipe peu à peu.
Nous apprenons à accueillir ce qui est, ce qui se manifeste, émerge en nous, avec bienveillance, en laissant libre cours au processus de libération, sans censure aucune, sans résistance aucune, tel qu’il se manifeste dans le champ de notre conscience, ici et maintenant.
L’attitude de Témoin intérieur est puissante et agit au-delà du champ du mental.
Elle s’aiguise au fur et à mesure de la pratique, et nous aide à vivre le plaisir et la souffrance comme des expériences, des états fluctuants du mental, où rien n’est permanent, où tout apparait et disparait !
Tout comme des vagues apparaissent et disparaissent dans l'Océan de la Conscience !
Mouvements éphémères et agités en surface qui ne retirent en rien la paix profonde et abyssale au coeur du coeur de notre Être !
Ce n’est plus le « moi je » qui souffre ou qui éprouve du plaisir, mais seule la perception de la souffrance, du plaisir EST, dans le mouvement de la Vie qui s’offre dans l’ici et maintenant !
Lorsque l’un sommeille, l’autre danse à ses côtés.
Plus nous avons la capacité de ressentir la souffrance et d’entrer en lien avec elle, dans un face à face, sans peur, ni déni, ni indifférence, et plus nous avons la capacité de ressentir le plaisir et la joie !
Et, si incroyable soit-il, il est possible de ressentir paix et sérénité intérieure au cœur même de la souffrance !
Ainsi, tout comme nous vivons intensément le plaisir et la joie, vivons intensément la souffrance lorsqu’elle se manifeste dans le climat atmosphérique du paysage intérieur !
Ce ne sont que des expériences transitoires ! Rien n’est permanent !
Ancrés dans cette Conscience élargie, la Vie devient une Célébration qui embrasse le TOUT, inclut le TOUT !
Et la traversée de l’Océan de la Vie se fait dans une danse fluide et harmonieuse en swinguant sur les vagues ascendantes et descendantes !
Avoir peur de souffrir, c’est avoir peur de vivre !
L’audace de vivre implique l’audace de souffrir, de mourir, pour renaître à ce que nous sommes véritablement !
L'audace de vivre pleinement ce que nous sommes dans notre vérité de l'instant présent, même si elle ne rentre pas dans le moule.
L'audace de laisser s'exprimer, se déployer la Vérité et la Liberté de notre Être dans toute leur beauté et leur plénitude, au-delà des chaînes de notre conditionnement.
L'audace d'être Pleinement Libres et Heureux d'Être !
La véritable Liberté, le véritable Bonheur est un état de Conscience, un état d'Être qui embrasse le Tout !
Cheminer vers Soi, à Carqueiranne, proche de Hyères, vous propose des accompagnements individuels et personnalisés en Coaching Holistique et Yoga méditatif.
Ainsi que des séances de Yoga, relaxation & méditation, individuelles et en groupe.